mardi 14 avril 2015

Open Letter to R T Erdogan...

... from
INTERNATIONAL ASSOCIATION OF GENOCIDE SCHOLARS TO TURKISH PRESIDENT ERDOGAN 

(then Prime Minister)



To Prime Minister Recep Tayyip Erdoğan
TC Basbakanlik
Bakanliklar
Ankara, Turkey
FAX: 90 312 417 0476
June 13, 2005

Dear Prime Minister Erdogan,

We are writing you this open letter in response to your call for an "impartial study by historians" concerning the fate of the Armenian people in the Ottoman Empire during World War I.
We represent the major body of scholars who study genocide in North America and Europe. We are concerned that in calling for an impartial study of the Armenian Genocide you may not be fully aware of the extent of the scholarly and intellectual record on the Armenian Genocide and how this event conforms to the definition of the United Nations Genocide Convention. We want to underscore that it is not just Armenians who are affirming the Armenian Genocide but it is the overwhelming opinion of scholars who study genocide: hundreds of independent scholars, who have no affiliations with governments, and whose work spans many countries and nationalities and the course of decades. The scholarly evidence reveals the following:
On April 24, 1915, under cover of World War I, the Young Turk government of the Ottoman Empire began a systematic genocide of its Armenian citizens — an unarmed Christian minority population. More than a million Armenians were exterminated through direct killing, starvation, torture, and forced death marches. The rest of the Armenian population fled into permanent exile. Thus an ancient civilization was expunged from its homeland of 2,500 years.
The Armenian Genocide was the most well-known human rights issue of its time and was reported regularly in newspapers across the United States and Europe. The Armenian Genocide is abundantly documented by thousands of official records of the United States and nations around the world including Turkey’s wartime allies Germany, Austria and Hungary, by Ottoman court-martial records, by eyewitness accounts of missionaries and diplomats, by the testimony of survivors, and by decades of historical scholarship.
The Armenian Genocide is corroborated by the international scholarly, legal, and human rights community:
  1. Polish jurist Raphael Lemkin, when he coined the term genocide in 1944, cited the Turkish extermination of the Armenians and the Nazi extermination of the Jews as defining examples of what he meant by genocide.
  2. The killings of the Armenians is genocide as defined by the 1948 United Nations Convention on the Prevention and Punishment of the Crime of Genocide.
  3. In 1997 the International Association of Genocide Scholars, an organization of the world’s foremost experts on genocide, unanimously passed a formal resolution affirming the Armenian Genocide.
  4. 126 leading scholars of the Holocaust including Elie Wiesel and Yehuda Bauer placed a statement in the New York Times in June 2000 declaring the "incontestable fact of the Armenian Genocide" and urging western democracies to acknowledge it.
  5. The Institute on the Holocaust and Genocide (Jerusalem), and the Institute for the Study of Genocide (NYC) have affirmed the historical fact of the Armenian Genocide.
  6. Leading texts in the international law of genocide such as William A. Schabas's Genocide in International Law (Cambridge University Press, 2000) cite the Armenian Genocide as a precursor to the Holocaust and as a precedent for the law on crimes against humanity.
We note that there may be differing interpretations of genocide—how and why the Armenian Genocide happened, but to deny its factual and moral reality as genocide is not to engage in scholarship but in propaganda and efforts to absolve the perpetrator, blame the victims, and erase the ethical meaning of this history.
We would also note that scholars who advise your government and who are affiliated in other ways with your state-controlled institutions are not impartial. Such so-called "scholars" work to serve the agenda of historical and moral obfuscation when they advise you and the Turkish Parliament on how to deny the Armenian Genocide. In preventing a conference on the Armenian Genocide from taking place at Bogacizi University in Istanbul on May 25, your government revealed its aversion to academic and intellectual freedom—a fundamental condition of democratic society.
We believe that it is clearly in the interest of the Turkish people and their future as a proud and equal participants in international, democratic discourse to acknowledge the responsibility of a previous government for the genocide of the Armenian people, just as the German government and people have done in the case of the Holocaust.

Approved Unanimously at the Sixth biennial meeting of

THE INTERNATIONAL ASSOCIATION OF GENOCIDE SCHOLARS (IAGS)
June 7, 2005, Boca Raton, Florida

President First Vice-President Second Vice-President Secretary-Treasurer
Israel Charny (Israel) Gregory H. Stanton (USA) Linda Melvern (UK) Steven Jacobs (USA)

samedi 31 janvier 2015

Déclaration pan-arménienne du centenaire du Génocide

Publication
de la déclaration pan-arménienne
du centenaire du Génocide

La commission d’Etat de coordination des manifestations dédiées au 100e anniversaire du Génocide Arménien, en étroite concertation avec les comités régionaux de la diaspora,

- Exprimant la volonté solidaire du peuple arménien,

- S’appuyant sur la Déclaration de l’Indépendance de l’Arménie du 23 août 1990 et la Constitution de la République d’Arménie,

- Rappelant la Déclaration universelle des droits de l’homme du 10 décembre 1948 de l’Organisation des Nations Unies, qui stipule que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde,

- Prenant en considération les principes et les dispositions consacrés dans la Résolution 96(1) du 11 décembre 1946 de l’Assemblée générale de l’ONU, la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide de l’ONU du 9 décembre 1948, la Convention sur l’imprescriptibilité des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité de l’ONU du 26 novembre 1968, ainsi que le Pacte international relatif aux droits civils et politiques du 16 décembre 1966 et tous les autres actes internationaux sur les droits de l’homme,

- Considérant que lors de l’adoption de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, l’ONU a mis l’accent sur l’importance de la coopération internationale dans la lutte contre ce crime,

- Soulignant qu’il est inadmissible que des actes qualifiés de crimes de génocide, restent impunis, et le fait que ce crime reste imprescriptible,
- Condamnant les actes génocidaires, la privation de la patrie, les massacres de masse, les nettoyages ethniques visant à exterminer la population arménienne, ainsi que la destruction du patrimoine arménien planifiés et mis en œuvre systématiquement par les différentes autorités qui se sont succédées à la tête de l’Empire ottoman et de la Turquie durant les années 1894-1923, de même que le déni constant du Génocide, le refus d’en assumer la responsabilité, les multiples tentatives de faire taire ou de justifier ces crimes et leurs conséquences, en tant qu’une continuation de ce crime et une incitation à l’accomplissement de nouveaux génocides,

- Considérant les verdicts rendus en 1919-1921 par la Cour martiale extraordinaire ottomane sur ce crime suprême contre « le droit humain » comme un fait juridique établi,

- Soulignant la définition de « crime contre l’humanité et la civilisation » à laquelle pour la première fois la communauté internationale a fait recours dans la Déclaration conjointe des pays de l’Entente, datée du 24 mai 1915, pour qualifier le crime atroce perpétré contre le peuple arménien, l’appel adressé aux autorités ottomanes les exhortant à assumer leur responsabilité dans ces crimes, ainsi que les clauses du Traité de Paix signé le 10 août 1920 à Sèvres et le rôle et la signification de la sentence arbitrale du président des États-Unis, Woodrow Wilson, du 22 novembre 1920, sur les voies consistant à surmonter les conséquences du Génocide Arménien,

1. Rend hommage à la mémoire de 1 million et demi de victimes du Génocide Arménien et s’incline avec gratitude devant les héros morts en martyr ou survivants ayant combattu pour la vie et la dignité humaine.

2. Réitère l’engagement de l’Arménie et du peuple arménien de poursuivre la lutte internationale pour la prévention des génocides, la reconstitution des droits des peuples ayant subi un génocide et l’établissement de la vérité historique.
3. Exprime ses remerciements aux États, aux organisations internationales, religieuses et non-gouvernementales qui ont eu le courage politique de reconnaître et de condamner le Génocide Arménien comme un crime atroce contre l’humanité et continuent aujourd’hui encore à prendre des mesures juridiques en ce sens, notamment pour la prévention des graves manifestations de négationnisme.

4. Exprime sa profonde gratitude aux peuples, aux institutions et aux individus qui, en prenant souvent des risques, ont apporté une assistance humanitaire multiforme, ont sauvé plusieurs Arméniens menacés d’une extermination totale, ont instauré des conditions de sécurité et de paix pour les rescapés du Génocide, en faisant porter l’essentiel de leurs efforts sur l’entretien des orphelins et le mouvement international en faveur des Arméniens.

5. Exhorte les pays membres de l’ONU, les organisations internationales, toutes les personnes de bonne volonté, indifféremment de leur appartenance nationale ou religieuse, à unir leurs efforts afin de rétablir la vérité historique et rendre hommage à la mémoire des martyrs du Génocide.

6. Exprime la volonté solidaire de l’Arménie et du peuple arménien d’obtenir la reconnaissance universelle du Génocide Arménien et de surmonter les conséquences du Génocide, en élaborant un dossier visant à des revendications juridiques, à titre de point de départ d’un processus de reconstitution des droits et des intérêts légitimes individuels, communautaires et nationaux.

7. Condamne le blocus illégal imposé à la République d’Arménie par la République de Turquie, l’attitude anti-arménienne de la Turquie dans les enceintes internationales, ainsi que les préconditions soumises par les autorités turques pour la normalisation des relations interétatiques, en les considérant comme des effets directs de l’impunité du Génocide Arménien, Medz Yeghern, qui perdure jusqu’à nos jours.

8. Exhorte la République de Turquie à reconnaitre et à condamner le Génocide Arménien perpétré par l’Empire ottoman et à assumer sa propre histoire et son passé en s’inclinant devant la mémoire des victimes de ce crime atroce et en renonçant à sa politique de falsification, à sa politique du déni des faits incontestables, à sa politique de banalisation. Soutient les membres de la société civile turque, les plus courageux qui se dressent aujourd’hui contre la ligne officielle de leurs autorités.

9. Exprime l’espoir que la reconnaissance et la condamnation du Génocide Arménien par la Turquie constitueront un point de départ important dans le processus de réconciliation historique des peuples arménien et turc.

10. Constate avec fierté qu’au cours du dernier siècle, le peuple arménien qui a survécu au Génocide :

- a fait preuve d’une volonté inébranlable et d’une conscience nationale, parvenant à restaurer sa souveraineté de l’État perdue depuis des siècles,

- a sauvegardé et a développé ses valeurs nationales, a assuré la renaissance de sa culture, des sciences, de l’éducation, apportant ainsi sa propre contribution au développement du patrimoine international,

- a constitué au sein de la Diaspora arménienne un réseau puissant et efficace d’institutions spirituelles et laïques qui ont contribué à la pérennité de l’identité arménienne, à l’instauration d’un respect et d’une sympathie à l’égard des Arméniens, à la défense des justes droits du peuple arménien,

- a assuré l’unité nationale et a restauré la base démographique menacée de disparition après le Génocide, par la mise en œuvre d’un vaste programme de coopération pan-arménienne et de rapatriement.

- a apporté, durant les Première et Deuxième Guerres mondiales, sa digne contribution à l’établissement de la sécurité, de la paix internationales, a remporté de glorieuses victoires lors des batailles héroïques de Sardarapat et d’Artsakh.

11. Considère le 100e anniversaire du Génocide Arménien comme une étape majeure dans son combat pour la justice historique, ayant à l’esprit la devise « Je me souviens et je revendique ».
12. Exhorte les futures générations d’Arméniens à se poser en défenseurs de notre patrimoine national sacré, à se comporter en patriotes, conscients et instruits, pour servir dans la lutte :

- pour une Patrie plus forte, une République d’Arménie libre et démocratique,

- pour le développement et la consolidation d’un Artsakh libre,

- pour la solidarité active des Arméniens dispersés dans le monde entier,

- pour la réalisation des rêves séculaires des Arméniens.

Dzidzernagapert, le 29 janvier 2015

 

 

jeudi 25 décembre 2014

Joyeuses fêtes


Le conseil d'administration de l'Institut Tchobanian 
présente à tous ses membres et sympathisants les Meilleures Voeux 
pour l'année 2015.

mardi 25 novembre 2014

MEETING AT NORAVANK FOUNDATION

MEETING AT NORAVANK FOUNDATION

 

A meeting with Jean Varoujan Sirapian, Founding President, Institut Tchobanian (the Chobanian Institute) of Paris, took place in the Noravank Foundation (Yerevan) on November 7, 2014.

During the meeting Mr. G. Harutyunyan, Director of the Noravank Foundation and Mr. Sirapian discussed the information policy issues in Armenia and Diaspora.

Une réunion avec Jean Varoujan Sirapian, le Président Fondateur de l'Institut Tchobanian de Paris, a eu lieu dans les locaux de la Fondation Noravank (Yerevan) le 7 novembre 2014.

Pendant cette rencontre M. Harutyunyan, le Directeur de la Fondation Noravank et M. Sirapian ont abordé les questions de stratégies de l'information-désinformation en Arménie et dans la Diaspora.



ՀԱՆԴԻՊՈՒՄ «ՆՈՐԱՎԱՆՔ» ԳԿՀ-ՈՒՄ

Նոյեմբերի 7-ին «Նորավանք» գիտակրթական հիմնադրամում տեղի ունեցավ հանդիպում Փարիզի «Չոպանյան ինստիտուտի» հիմնադիր նախագահ Վարուժան Սիրափյանի հետ։

Հանդիպման ընթացքում «Նորավանք» հիմնադրամի տնօրեն Գ.Հարությունյանը և պրն Վարուժան Սիրափյանն անդրադարձան Սփյուռքի և Հայաստանի տեղեկատվական քաղաքականության խնդիրներին։


ВСТРЕЧА В НОФ «НОРАВАНК»

7 ноября в научно-исследовательском фонде «Нораванк» состоялась встреча с президентом-учредителем Парижского «Института Чопанян» Варужаном Сирапяном.

В ходе встречи директор фонда Г.Арутюнян и г-н Сирапян обсуждали вопросы информационной политики Диаспоры и Армении.


source : Noravank Foundation

mercredi 8 octobre 2014

Une rue Archag Tchobanian à Erevan



Campagne pour nommer une rue d'Erevan du nom "Archag Tchobanian"



Monsieur le Maire
Taron Markarian
Mairie d’Erevan
République d’Arménie

1er octobre 2014

Monsieur le Maire,
Comme vous le savez, Archag Tchobanian, a été envoyé au début du siècle dernier par la délégation arménienne de Constantinople à Paris pour faire connaître la vérité sur les massacres d’Arménie. Il  a été le fondateur du mouvement arménophile en France et a œuvré, avec succès, jusqu’à son décès en 1954 pour la Cause arménienne. 

2014 est le 60e anniversaire de sa mort.

Il a été considéré, à juste titre, comme l’Ambassadeur des lettres arméniennes en France et a fait connaître, grâce à ses écrits et traductions, la culture arménienne en France. Il fut aussi, de fait, un diplomate faisant le lien entre le Délégation arménienne et le Ministère des Affaires Étrangères de France.

De nombreux documents dans les archives françaises de 1914-1918 en témoignent.
De grands intellectuels et hommes politiques tels qu’Anatole France, Pierre Quillard, Jean Jaurès, Séverine, Clemenceau,… ont soutenu la Cause arménienne grâce au mouvement créé par Archag Tchobanian qui a combattu sans cesse des négationnistes comme Pierre Loti, Pierre Benoît et Claude Farrère.

Mes propres recherches dans les archives du musée Yeghiché Charentz d’Erevan montrent que son influence s’est exercée  dans de multiples domaines ; littérature, poésie, essais politiques, traduction, critique d’art… Par exemple c’est Archag Tchobanian qui a fait connaître Komitas en France.

Cet ensemble de raisons m’incite à la démarche suivante : je propose, au nom de l’Institut Tchobanian, à la Mairie d’Erevan de baptiser une rue ou une place centrale d’Erevan du nom « Archag Tchobanian ». Cette cérémonie prendrait place dans le cadre des événements de l’année 2015.

Vous trouverez ci-jointe la liste des signataires soutenant ce projet.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Maire, l’expression de ma haute considération.

Jean V. SIRAPIAN
Président-fondateur       
Arthur TURYAN
Trésorier          
Roger AKL
Secrétaire Général

Conseillers :                
Prof. Gérard ACHDJIAN, Prof. Gérard BOSSIERE, Alexis GOVCIYAN, Jean V. GUREGHIAN



dimanche 22 juin 2014

Le Comité du 24 Avril



Il y a 20 ans naissait le Comité du 24 Avril


La création, à Paris, du Comité du 24 Avril marque un événement important dans l’histoire de la communauté arménienne de France.
Ce comité fut créé à la veille du 80e anniversaire du Génocide. Aujourd’hui, à la veille du centenaire du Génocide, les fondateurs du Comité du 24 Avril célèbrent le 20e anniversaire de sa fondation.


Un bref rappel historique :

Première étape, création de la COPA (Coordination de Organisations Politiques Arméniennes)

Les manifestations, lors de la commémoration du 24 Avril, sont désormais parfaitement organisées. On l’a oublié, et cela paraîtrait impensable aujourd’hui, mais jusqu’en 1992, il y avait deux défilés pour commémorer le 24 Avril à Paris. Ils prenaient des parcours différents, l’un avec à sa tête le parti Dachnak et ses sympathisants, l’autre par les autres organisations.  
En début de l’année 93, en pleine guerre du Karabagh, en tant que président du club Archag Tchobanian (ADL – Ramgavar), j’envoyais une lettre aux présidents des deux autres partis traditionnels (Dachnak et Hentchak) en les invitant à une rencontre en vue de créer ensemble une cellule permanente entre les trois partis, afin de coordonner nos actions (et manifestations). Je disais, entre autres, dans ma lettre que cela permettrait peut-être… de déboucher enfin sur un noyau représentatif et permanent de notre communauté...
Dès la deuxième réunion, le 20/03/1993, fut créée la COPA (Coordination de Organisations Politiques Arméniennes) et un communiqué fut envoyé aux médias. Les rencontres entre les trois partis furent fréquentes, régulières et cordiales. Des actions furent entreprises auprès des autorités en faveur de la cause arménienne. Parmi les actions importantes : l’organisation à Paris des rencontres (en juin 93 et janvier 94) avec les représentants du Parlement du Karabagh.
Décision fut aussi prise d’élargir cette cellule aux autres principales organisations.
           
Seconde étape, création du Comité du 24 Avril

En octobre 1994, en vue de préparer le 80e anniversaire du Génocide, l’archevêque Kude Nacachian invite les organisations arméniennes à une réunion et propose de former un groupe de travail. Un comité est créé autour d’un noyau dur composé de six volontaires (A. Bagdikian, M. Deirmendjian, J. Guréghian, J. Khatchikian, G. Sarian, D. Shirvanian) issus de différentes organisations et partis politiques traditionnels. C’est la naissance du Comité du 24 Avril, et je fus nommé président. V. Khatchérian remplace rapidement V. Der Sarkissian (aujourd’hui décédé) qui était parmi les premiers volontaires.
Ce Comité va progressivement regrouper en son sein (non sans mal et réticences) toutes les principales organisations arméniennes de France (partis politiques, églises, associations, etc.). Pour la première fois, une ONG (d’après ses statuts) devient un organe représentatif de l’ensemble de la communauté.
La commémoration du 24 avril 1995 (80e anniversaire du Génocide) sera sans précédent, avec écran géant sur la place des Droits de l’Homme (du Trocadéro). La ville de Paris fera, au Comité du 24 Avril, un don exceptionnel de 150.000 Frs pour la circonstance. De plus, pour la première fois, tous les médias sont présents. Après cette commémoration, qui fut un véritable tremplin, le « Comité du 24 Avril » va rapidement acquérir un prestige jusque là inégalé, aussi bien dans la communauté qu’auprès des autorités françaises.
L’un des objets du Comité du 24 Avril sera la reconnaissance, par la France, du Génocide de 1915. Un travail assidu et collectif aboutira au vote à l’unanimité de la reconnaissance du Génocide Arménien par l’Assemblée Nationale, le 29 mai 1998, qui restera un jour historique (la loi sera ratifiée le 29 janvier 2001). L’autre action importante du Comité sera d’ériger, dans le centre de Paris, un monument dédié aux victimes du Génocide et aux combattants arméniens morts pour la France. Ce projet, gelé depuis dix-neuf ans, sera débloqué grâce à la persévérance des membres du Comité et du maire de Paris, Jean Tibéri, qui répond favorablement dès février 1997 à ma première lettre. Le choix de la statue sera celle de Komitas qui allait symboliser le martyr du peuple arménien. La statue, œuvre de David Yerevantsi, sera érigée sur la place du Canada, face au Grand Palais.
D’autres actions importantes suivront et le Comité du 24 Avril prendra une telle importance, au sein de la communauté, qu’il éveillera de la convoitise pour sa présidence.
J’ai été le premier président du Comité du 24 Avril d’octobre 1994 à octobre 1998,
date à laquelle je ne me suis pas représenté. Le Comité du  24 Avril s’est transformé, le 21/10/2001, en CCAF (Conseil de Coordination des organisations Arméniennes de France), en perdant peut-être avec son nom hautement symbolique (même en gardant l’essentiel des statuts)… son esprit des débuts.
Il existe aussi une Commission d’Arbitrage, toujours en vigueur d’après les statuts. Elle est composée des membres fondateurs (permanents) du Comité du 24 Avril.
Aujourd’hui, le CCAF, héritier du Comité du 24 Avril, est sans conteste l’interlocuteur privilégié pour représenter la communauté arménienne de France auprès des autorités.

Jean V. Guréghian
 Le 14 juin 2014
(texte original)

Les membres fondateurs du Comité du 24 Avril réunis en 2004, pour fêter le dixième anniversaire de sa création. De gauche à droite (et… par ordre alphabétique!) A. Bagdikian, M. Deirmendjian, J. Guréghian, J. Khatchikian, G. Sarian, D. Shirvanian. Quelques mois après cette photo notre regretté Georges Sarian (à droite au milieu) décéda.

vendredi 6 juin 2014

MONTE MELKONIAN: A TALENTED SCHOLAR...


MONTE MELKONIAN: 
A TALENTED SCHOLAR AND DEFENDER OF KARABAKH’S SELF-DETERMINATION  
 


In assessing the grand victories of May, in particular, the victory won at the World War II and the liberation of Shushi, it is important not only to perceive the value of feat of arms of the Homeland’s defender, but also to represent him as a gifted person, a patriot and an intellectual. In the history of the Armenian people instances are not rare when a scholar or a man of art, at a fatal hour for his people, rose in arms to defend his Homeland, the spiritual values ​​and glorious traditions of the nation. Such examples were numerous, especially in the 20th century, and in particular - in the Artsakh liberation war. In this aspect, characteristic is the image of Monte Melkonian, the National Hero of the Republic of Armenia (RA). It is no mere chance, that Hayk Kotanjian - Advisor of the RA Minister of Defense, Head of the Institute for National Strategic Studies, MOD, RA, Doctor of Political Science, visiting Levon Shant Secondary School N 4 in Yerevan - where within the anniversary of the liberation of Shushi an event devoted to the memory of Monte Melkonian was organized by schoolchildren of 5-6 classes - presented them with a bibliographically unique edition of Monte Melkonian’s Master’s Thesis titled "Urartian Rock-Cut Tombs. Description and Analysis". The General’s gift embraced a special meaning, as it was intended to introduce Monte Melkonian to the public anew.

In 1995, when after the armistice the Republic of Armenia within its limited capacities started to build the Armed Forces and consolidate the Army, when, due to cyclic power cutoffs, poor transport, and food shortage the activities of the majority of enterprises and institutions, primarily academic and educational establishments, were put on hold, Monte Melkonian’s widow Seda and Dr. Aram Kalantaryan, the Director of the Institute of Archaeology and Ethnography, National Academy of Sciences (NAS), RA, turned to Dr. Hayk Kotanjian with a request to publish the Master’s thesis of the national hero having bravely fallen on the battlefield. Under the high patronage of the then Minister of Defense, National Hero of Armenia Vazgen Sargsyan and with the assistance of his Deputies Vahan Shirkhanyan and Hmayak Aroyan, it was decided to immediately publish this valuable research, which Monte Melkonian had defended for Master’s Degree in “Archaeology and History of Asia” at the prestigious University of Berkeley, US, in 1978. Before that, Monte had graduated the four-year Bachelor’s program in 2.5 years. He mastered seven languages.

Introducing his research work to the public was of great importance as it represented Monte Melkonian, the former fighter of the Armenian Secret Army for the Liberation of Armenia (ASALA), who rose to defend Nagorno-Karabakh - self-determined in compliance with the legislation then in force - in a new way, as a talented researcher from the US and a young Armenian, who, abandoning a brilliant career of a scholar abroad (he had been enrolled in Postgraduate studies at the Oxford University, but quit it), came to selflessly and entirely devote himself to the noble cause of defending the Armenians of Artsakh. Moreover, the publication of the freedom-fighter’s research through depicting his true image neutralized the enemy’s deliberate attempts to denigrate Monte Melkonian.

So as to organize a decent publication of the freedom-fighter’s research paper an editorial team was created under Dr. Hayk Kotanjian’s supervision, which was to work on the translation text minutely and with interest, and issued it meeting the academic criteria and requirements. The editorial team comprised of the academic partners from the Institute of Archaeology and Ethnography, NAS, RA - PhDs in History Rusan Mkrtchyan, Simon Hmayakyan, Ashot Piliposyan, Pavel Avetisyan; highly skilled specialists of the defense-academic journal MOD, RA “Haykakan Banak” (“Armenian Defense”) - Doctor of History, Professor Boris Balayan, PhD in Philosophy, Associate Professor Vladimir Baghdasaryan,  Executive Editor Davit Chilingaryan, Art and Technical Editor Razmik Gevorgyan, Graphic Designer Sergey Narazyan,  as well as a group of professional officers on computer software support from the Computing Center of the MOD, RA, under the guidance of Chief Specialist Samvel Atoyan.

The selfless efforts by the team did yield the desired result: the product of Monte Melkonian’s scientific thinking turned into an academic publication, which was the continuation of the series of the “Archaeological Monuments of Armenia” by the Institute of Archaeology and Ethnography, NAS, RA, interrupted due to lack of required resources. It was the defense-academic journal “Haykakan Banak”, MOD, RA, to be the publisher. At the request of Monte’s widow the publication was sent to the Universities of Sorbonne, Berkeley and to other academic educational centers of the world.

It should be highlighted that Monte Melkonian was, as a matter of fact, born for science. Arriving in Armenia he showed a great interest in the academic centers of Armenia, including the Institute of Oriental Studies of the National Academy of Sciences of Armenia. He used to attend that Institute throughout a month, communicate with the members of the Institute, and take part in academic discussions. He was very happy to find out that there was a Department of Arabic Studies at the Institute. At that time I was not only the Deputy Director of the Institute, but also the Head of the above-mentioned Department. We often used to have talks on the important role the Arabs had played in saving the Armenians deported in the course of the Armenian Genocide in the Ottoman Empire. He underlined that if it weren’t for the Arabs and their support, the contemporary Armenian Diaspora would never survive. He even wanted to draft a perspective plan on developing the Arabic studies. But he didn’t manage to. The Karabakh war broke out, and Monte changed his pen with the sword.

Later on, one of his friends, Dean of the Department of Oriental Studies of Yerevan State University Dr. Gurgen Melikyan, one day phoned me. There was such a deep grief in his voice that we were all stunned. He said: “Monte is gone…” For his merits to the Republic of Nagorno-Karabakh Monte Melkonian was awarded the highest title of the “Hero of Artsakh” and the order of “Golden Eagle”. In 1996 he was posthumously awarded the highest honorary title of the “National Hero of the Republic of Armenia”.

But the memory of him is alive. So now, Monte Melkonian, the National Hero of the Republic of Armenia, the Hero of Artsakh appears before the grateful descendents not only in the image of a true knight of his Homeland, but also as a talented scholar, who sacrificed his career and life for the sake of the freedom of his Homeland and for the independence and development of its people.


Nikolay Hovhannisyan
Doctor of History, Professor
Corresponding Member of the NAS, Armenia
Honored Scientist