vendredi 24 avril 2020

Réflexion autour d’un 24 avril


Réflexion autour d’un 24 avril



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Il y a un an je me joignais au groupe des étudiants de l’UFAR guidé par le recteur Jean Marc Lavest au pied du Musée du génocide, pour me rendre ensuite au mémorial afin d’y déposer des fleurs à la mémoire des victimes du « grand crime » perpétré par le gouvernement jeunes-turcs en 1915-1917.
À la veille d’un nouvel anniversaire, le 105e, de cette tragédie qui fut à la fois celle de tout un peuple mais aussi du silence qui longtemps la recouvrit et inspira peut-être hélas celle qui s’ensuivit un quart de siècle plus tard pour un autre peuple, les souvenirs glanés au cours de ce bref retour en Arménie me semblent appartenir à une autre époque. Le monde d’alors était, en dépit de ses convulsions rituelles, un monde vivant qui, jour après jour, continuait sur sa lancée dans l’espoir de devenir meilleur. Le printemps arménien fleurissait avec la démocratie nouvelle dans les rues comme sur le vernissage rénové en quatre allées bien propres où l’artisanat démontre à chaque étal la minutie, le patient labeur et l’inventivité créatrice de ce même peuple qui a, à travers son histoire millénaire, toujours su renaître de ses cendres. Un souffle de brise dans les feuillages encore épars, le son d’un doudouk comme un souvenir plaintif de tant de morts innocents, le claquement des dés dans une partie de trictrac local comme une faculté de s’en remettre au hasard pour mieux le féconder : tel fut le bruit de fond de ce retour à Erevan qui m’inspirait le sentiment que l’Arménie revivait ainsi que, passé le temps des malheurs, elle avait toujours su revivre.
Un an plus tard, notre monde semble s’être arrêté de vivre. Face à un ennemi cette fois invisible qui n’épargne aucun pays, il compte lui aussi ses morts. Dans le confinement qui est le nôtre, quand la tragédie rôde autour de nous, peut-être pouvons-nous mieux comprendre celles que d’autres ont vécues. Un certain 24 avril l’arménité est devenue un enfermement, le virus récurrent de la barbarie s’est répandu à l’échelle d’un empire où il avait déjà sévi au cours des siècles, mais cette fois c’est bien d’une pandémie dont il s’agissait sans autres remèdes que ceux de fuir ou de se cacher. J’ai beaucoup appris, au cours des mois passés, en travaillant sur la destinée de Komitas, l’une des personnalités les plus révérées et sans doute la plus emblématique de l’histoire arménienne récente. Le « grand crime » de 1915, pour reprendre la terminologie de l’époque, ne visait pas seulement l’extermination d’une minorité mais l’anéantissement de sa culture. Le 24 avril 1915 marque pour Komitas le début d’une dégénérescence de ses capacités créatrices. Cette césure dans sa vie correspond à la rupture du cours de l’histoire pour le peuple arménien, dont la diaspora porte aujourd’hui encore témoignage aux quatre coins du monde. Le mutisme de Komitas ne traduit pas une incapacité de s’exprimer mais la revendication de la dernière liberté à sa portée : le refuge dans le silence et la dignité. Sa façon de témoigner que, désormais, rien ne sera plus comme avant. Pourtant son œuvre, composée en grande partie alors qu’il en parcourait les campagnes, tirée en quelque sorte de la glèbe, de cette terre façonnée par un peuple simple et industrieux, nous reste comme l’écho d’un paradis perdu.
Lorsque nous sortirons nous aussi de notre confinement, après nous être si souvent dit que rien ne sera plus, ne doit plus être comme avant, aurons-nous comme lui le courage de tenir parole ?

  

Henry Cuny
Ancien ambassadeur, écrivain
Président d’honneur de l’Institut Tchobanian

samedi 29 février 2020

Le décès de Samvel Karapetian



L'historien, chercheur et auteur Samvel Karapetyan


L’Institut Tchobanian apprend avec tristesse le décès de l’historien Samvel Karapetian (58) survenu le 29 février 2020.

Samvel Karapetian était un expert de l'architecture médiévale, spécialisé dans l'étude des monuments historiques de l'Arménie (orientale et occidentale), de l’Artsakh (Nagorny Karabagh) et des pays voisins.

L’Institut Tchobanian avait travaillé à plusieurs reprises avec Samvel Karapetian. Nous avions apprécié la compétence, la gentillesse et la modestie de Samvel. Son travail pour la préservation de la mémoire du patrimoine arménien était et restera précieux.

L’Institut Tchobanian présente ses sincères condoléances à ses proches.




Jean Varoujan SIRAPIAN
Président-fondateur
de l’Institut Tchobanian
Paris-Erevan
29 février 2020

samedi 21 décembre 2019

Prix des Espoirs Francophones

« Prix des Espoirs Francophones » 

de l’Institut Tchobanian 



2020

Le Prix des Espoirs Francophones, est créé et organisé par l’Institut Tchobanian en collaboration avec l’UFAR (Université française en Arménie), les éditions Sigest et différents partenaires institutionnels et privés. Il est destiné à récompenser un article écrit par un(e) étudiant(e) ou une équipe de 2 coauteurs de 3e ou de 4e année sur un thème proposé par l’organisateur.

Pour la première remise de prix le calendrier s’établit comme suit :

15 mars 2020 : clôture de la réception des articles.
3 juillet 2020 : remise officielle du Prix.
Le lauréat gagne la somme de 600 euros.
Le Prix comporte également la publication de l’article
dans la revue Europe & Orient.





Les thèmes retenus pour cette première édition 2020 :

  1. État de droit :  Comment le définiriez-vous et quelles en sont les conditions ?
  2. Le développement du tourisme en Arménie : atouts et préalables.
  3. Les nouvelles technologies au service de la démocratie : leurs apports et leur nécessaire encadrement.
  4. Impact de l’éventuelle réouverture des frontières.
  5. Comment voyez-vous l’avenir d’un jeune en Arménie ? Qu’attendez-vous de l’État ?
Les candidats peuvent choisir l'un de ces thèmes pour leur article.











mercredi 9 octobre 2019

Interview de V Sirapian sur Civilnet

Institut Tchobanian, 15e anniversaire. 
(2004-2019)






À l'occasion du 15e anniversaire de l'Institut Tchobanian, TV Civilnet a reçu le 7 octobre 2019, Varoujan Sirapian, le président fondateur, pour les activités en cours de l'Institut et des projets à venir.

samedi 15 juin 2019

L’École française Anatole France

L’École Française Anatole France à Erevan

L’École française Anatole France, créée en 2007, est reconnue par un accord intergouvernemental signé  entre la France et l’Arménie.  Elle accueille 230 élèves en 2018-2019. La croissance continue de ses effectifs et l’ouverture de nouvelles classes s’accompagnent du recrutement de nouveaux enseignants français et d’un projet de relocalisation de l’école, dans un contexte de développement dynamique de la francophonie en Arménie.




lundi 10 décembre 2018

INSTITUT TCHOBANIAN FELICITE NIKOL PACHINIAN


COMMUNIQUE DE PRESSE

POUR DIFFUSION IMMÉDIATE

Alfortville, le 10 décembre 2018



  

INSTITUT TCHOBANIAN FELICITE NIKOL PACHINIAN ET LE NOUVEAU PARLEMENT D’ARMENIE



L’Institut Archag Tchobanian de Paris félicite Nikol Pachinian pour la victoire de l’Alliance Mon Pas lors des élections législatives du 9 décembre en Arménie. Avec un soutien incontestable du peuple et une solide coalition de représentants parlementaires à l'appui de son objectif, M. Pashinyan a accompli une étape décisive dans sa démarche pour une révolution pacifique en Arménie.

L'Institut Tchobanian souhaite au Premier ministre intérimaire Pashinian et au nouveau Parlement un large succès, travaillant ensemble afin d’élaborer des solutions aux attentes légitimes de la population.

L'Institut Tchobanian en accord avec sa mission, se réjouit de pouvoir apporter son appui au prochain gouvernement pour servir l'intérêt de la nation arménienne à travers ses programmes et projets dans l'éducation, la francophonie et la culture.


lundi 11 juin 2018

RÉPONSES DES ARMENOPHILES AUX INJURES ET CALOMNIES DE PIERRE LOTI ET PIERRE BENOIT


Ces jours-ci une polémique autour de la restauration de la maison de Pierre Loti tourne sur les réseaux sociaux, reprise par les médias.

Il nous a paru utile de mettre à la disposition de nos lecteurs un extrait du livre de Khayadjian.

Extrait du livre "Archag Tchobanian et le mouvement arménophile en France" d'Edmond Khayadjian, éditions Sigest, 2000. Actuellement épuisé, ce livre sera réédité en 2019.
Le texte publié ci-dessous est en relecture par notre correcteur. Mais vu l'urgence du sujet nous le publions tel quel.