jeudi 15 juin 2017

Rencontres IT-UGAB (juin 2017)

Présentation/dédicace du livre 

Nagorny Karabakh
Entre sécession et auto-détermination
de Gérard Guerguerian




Le deuxième rencontre 2017 de l'Institut Tchobanian-UGAB a eu lieu le 14 juin 2017 dans les locaux de l'UGAB - Centre culturel Alex Manoogian, Paris 17e

Gérard Guerguerian interrogé par Laurent Leylekian a présenté son nouveau livre paru chez Sigest en mai dernier.

Le représentant de l'Artsakh Hovhannès Guevorkian et Levon Amirdjanian, représentant l'Ambassade d'Arménie étaient présents.
 
La projection de 5 cartes extraits du livre, montrant l'évolution des frontières à partir du traité de Gulestan à nos jours en passant par le traité de Sèvres et l'attachement du Karabakh à l'Azerbaidjan sous le régime de Staline, a aidé le public attentif à mieux comprendre le dossier complexe du conflit du Haut-Karabagh. Maitre Guerguerian aborde le dossier du Nagorny Karabakh sous l'aspect juridique comme il l'avait fait dans son précédent ouvrage Les différends arméno-turcs (Sigest, 2011). 

Maitre Guerguerian explique l'évolution des frontières du Karabakh, dans le temps.
Questions/réponses avec la salle.
Séance de dédicace 

Après la conférence une séance de dédicace a clôturé la soirée.  


mardi 2 mai 2017

Nouveau livre d'Henry Cuny : Les heures de sable



Les heures de sable
Henry Cuny

EAN 9782363711939, 23 €

Roman
sortie en librairie le 13 avril


         « Il n'osait pas la regarder, détailler ses traits. Il se mit à lui parler doucement. Il sentait que c'était ce qu'il devait faire. Il disait tout ce qui lui passait par la tête, que la vie valait la peine d'être vécue, qu'on était toujours riche de quelque chose, riche de cette clémence du soir méditerranéen gavé d'effluves, qu'elle disposait pour combattre la méchanceté des hommes de cette douceur des choses, qu'il restait toujours quelque chose d'intact, ne serait-ce que le prochain matin, qu'il avait connu lui aussi des chagrins d'amour, tout le monde à vrai dire, il aurait voulu lui parler de cette merveille : du temps qui passe, mais il était trop occupé de ce temps qui, pour lui seul, s'obstinait à revenir… Il lui soutenait qu'un amour qui vient à finir n'a jamais vraiment commencé, on est malheureux parce qu'on croit seulement qu'il y a eu quelque chose de dur et de fort, là où il n'y avait que du sable. »


 Poétique, émouvant, sensuel, angoissant, à la fois intemporel et contemporain, ce roman renouvelle le thème faustien du rajeunissement de façon tout à fait inédite : non plus dans une soudaineté jubilatoire mais dans une lente érosion décapante où se révèlent les profondeurs de l’être. Ce thriller psychologique nous réconcilie avec l’âge et le temps qui passe…



Les heures de sable sont le septième roman de Henry Cuny dont les œuvres ont été couronnées par plusieurs prix littéraires et par le Grand Prix de la Francophonie de l’Académie française en 2004. L’ancien ambassadeur de France en Arménie a prénommé son héros, pianiste, Noé, en hommage aux précieux talents rencontrés dans ce pays.


Editions Pierre Guillaume de Roux

***


« Il n’est pas toujours facile de faire coïncider la musicalité, l’harmonie de la phrase, le sens, la poésie... et la grammaire. Vous y parvenez fort bien, avec beaucoup de tournures savantes ; j’ai eu un immense plaisir à vous lire – en dehors de l’intérêt propre à la seule intrigue et pour votre style en lui-même... »

Isabelle Roche, éditrice
 

lundi 17 avril 2017

Yaïr Auron à Erevan

Prof Yaïr Auron à Erevan 
pour la présentation de son nouveau livre




Connu du public arménien pour son combat infatigable pour la reconnaissance du génocide des Arméniens par l’État d’Israël, Yaïr Auron est à Erevan pour 3 semaines.



Enseignant à l’Université américaine d’Arménie comme professeur invité le professeur Auron a profité de l’occasion pour présenter son dernier livre « Sauveurs et combattants » lors de plusieurs présentations, accompagné du président fondateur de l’Institut Tchobanian, Varoujan Sirapian.



Préfacé par Charles Aznavour les livres, publiés sous le parrainage de l’Institut Tchobanian, relate les liens entre la famille Aznavour et Missak Manouchian, son groupe de résistants.






La version française du livre, publiée aux éditions Sigest a été présentée à Paris, Décines et Nice en septembre 2016, à l’initiative de l’Institut Tchobanian qui avait invité le professeur en France pour une tournée d’une semaine.



La première présentation du livre, en français et en arménien, a eu lieu à l’Université des langues Brusov, le 11 avril. Devant une salle pleine Y. Auron a parlé de son livre mais aussi a répondu à de nombreuses questions sur « l’attitude honteuse » (sic) de l’État d’Israël, qui « non seulement ne reconnaît pas le génocide des Arméniens mais le nie ».

Discussions avec les professeurs de Brusov
Y. Auron et V. Sirapian, à l'Université Brusov
























Le 12 avril, Yaïr Auron et Varoujan Sirapian étaient les invités du programme « Sksenq Noritz » sur Kentron TV. 

Sur les plateaux de Kentron TV - programme Sksenk Noritz

Toujours le 12 avril à 18h30 une cérémonie réunissait pour la première fois les communautés arménienne et juive pour commémorer les deux génocides ensemble. Ce fut à l'initiative du Prof. Yaïr Auron qui dans son allocution a fait allusion aussi à "l'Affiche rouge" et la famille Aznavour, sujets de son dernier livre "Sauveurs et combattants". Rima Varjabedian, présidente de l'association des juifs d'Arménie a aussi pris la parole.

Yaïr Auron à l'Université américaine d'Erevan.
Rima Varjabedian, présidente de l'association des juifs d'Arménie.





Le 13 avril il y a eu une présentation/dédicace dans la librairie Noyan Tapan, nouvellement installée au N° 8 de la rue Abovyan. Les nouveaux locaux de Noyan Tapan offrent un espace plus aéré et agréable.

A la librairie Noyan Tapan. Echange avec le pasteur Léonian qui était parmi les invités.




Vendredi 14 avril c’était la présentation officielle au Musée-Institut Komitas en présence de nombreux médias. Tour à tour le directeur Nicolai Gostandjian, le vice ministre de la Culture Nerses Der Vartanyan et Varoujan Sirapian ont pris la parole avant de laisser la présentation du livre à Yaïr Auron.


Devant la statue de Komitas
Yaïr Auron, dans les jardins du Musée Komitas


Présentation du livre au Musée Komitas
Y. Auron et V. Sirapian avec N. Gostandjian (3e gauche), N. Der Vartanian (4e gauche) et les invités




Après la présentation MM. Auron et Sirapian ont été reçus au ministère de la Culture par le vice ministre N. Der Vartanian.

MM. Auron et Sirapian reçus par le Vice-ministre de la Culture, N. D. Vartanian



Toujours vendredi 14 à 15 heures V. Sirapian a été invité à prendre la parole à une cérémonie en l’honneur d’Arshag Tchobanian organisée dans la bibliothèque Avedik Issahakian, partenaire de l’Institut Tchobanian. Il a évoquéles liens entre Tchobanian, Manouchian et Misha Aznavour.

 
V. Sirapian à la bibliothèque Issahakian. Intervention sur l'influence d'Arshag Tchobanian (1872-1954) en France.



Samedi 15 avril le matin Y. Auron était invité à la télévision d’État H1 pour une interview enregistrée de 20 minutes qui sera diffusée le 24 avril.

Y. Auron interviewé par Abraham Gasparian sur télévision d'Etat H1


Ensuite c’était chez la librairie Bookinist, au N° 20 avenue Mashtots, qui a eu lieu une séance de dédicace. 

Auron et Sirapian avec le patron de la librairie Bookinist, Khatchig Vardanian
 



Puis Auron et Sirapian se sont rendus devant la plaque Missak Manouchian qui se trouve dans le jardin près de la librairie. 

MM. Sirapian et Auron devant la plaque de Missak Manouchian

 
C’est là que la jeunesse arménienne avait organisé il y a deux ans un mouvement de résistance (avec succès) contre un oligarque qui avait voulu transformer ce jardin en un restaurant-café en coupant les rares arbres qui restaient à Erévan.

Jean Dorian
17.04.2017
Erevan

vendredi 3 février 2017

Henry Cuny, président d'honneur de l'Institut Tchobanian

 Henry Cuny, 
président d'honneur de l'Institut Tchobanian


Lors d'une réunion organisée le 2 février 2017 à Paris, le Conseil d'administration de l'Institut Tchobanian a décerné le titre de Président d'honneur à Monsieur Henry Cuny, ancien l'ambassadeur de la France en Arménie.

M. Cuny avec l'attestation de présidence d'honneur de l'IT
Une trentaine de personnes étaient réunies au Yan's club en présence de SEM Viken Tchitechian, l'ambassadeur de la République d'Arménie en France, M. Vahé Vahramian, le représentant de l'Arménie auprès l'UNESCO, des présidents d'associations, des journalistes (RFI, France-Arménie, Nor-Haratch, Radio Free Europe, revue "Europe et Orient")

M. Sirapian président de l'IT offre un cadeau symbolique (jeune femme arménienne avec une grenade) à M. Cuny


M. Varoujan Sirapian dans une courte présentation a rappelé les activités de l'Institut en 2015 et 2016, aussi bien en France qu'en Arménie, notamment la visite de M. Cuny, invité par l'IT, avec la participation du ministère de la Culture de l'Arménie et l'UFAR pour présenter son livre "Arménie, l'âme d'un peuple". Il a été rappelé aussi les publications du livre du professeur Yaïr Auron (en français et en arménien) sur la famille Aznavour et le Groupe Manouchian.

Ensuite il a passé la parole à M. Henry Cuny.
M. Cuny prononce son discours comme Président d'honneur.
 
Discours d’introduction de M. Henry Cuny
Ancien ambassadeur de France en Arménie

Jeudi 2 février 2017


            Monsieur le Président,
 
           Par lettre du 30 décembre dernier vous m’avez aimablement proposé la présidence d’honneur de l’Institut que vous avez fondé et qui se propose de promouvoir la culture française et la francophonie en Arménie.
            Comme vous le savez, ces deux thématiques ont fortement inspiré mon action dans ce pays durant les cinq années où j’ai été le représentant de la France (2002-2006). Elles ont notamment donné naissance à l’Université française en Arménie dans ses statuts actuels qui l’ont hissée au rayonnement et aux résultats que l’on sait.
            C’est donc un grand honneur que vous me faites en me demandant d’apporter ainsi mon parrainage à un Institut qui porte le nom d’un grand intellectuel arménien, Archag Tchobanian, chez qui je retrouve ce souci qui fut et demeure le mien de diffuser les lettres françaises parmi les Arméniens et faire connaître la culture arménienne en France.
            C’est dans cet esprit d’échange des idées et des lettres, d’approfondissement de nos identités respectives, d’exploration et de découvertes de nos singularités, que j’accepte volontiers, avec cette charge honorifique, d’apporter ma pierre à vos initiatives en ces domaines.

            Cette lettre d’acceptation que votre assemblée me fait aujourd’hui l’amitié de ratifier définit, je crois, très précisément le sens que je veux donner à cette présidence d’honneur et le domaine auquel j’entends me tenir - loin de la politique, même internationale dont je ne suis plus chargé - celui des échanges culturels entre la France et l’Arménie, la culture ayant toujours été pour moi l’âme de la diplomatie : l’âme mais aussi l’arme la plus effective, la plus convaincante. La culture est la clef par laquelle le cœur de chaque peuple peut s’ouvrir aux autres. Elle ne peut et ne doit en aucun cas être un enfermement car, ainsi que l’a dit le maréchal Foch, il n’y a pas d’homme cultivé, il n’y a que des hommes qui se cultivent.
            Toute la vie d’Archag Tchobanian en porte témoignage. Je vois un peu cette grande figure comme la quintessence de ce que vous êtes, amis de la diaspora, fidèles à vos deux cultures, non pas franco-arméniens mais Français et Arméniens, non pas 50/50 mais deux fois 100% pour rester fidèles à ce beau proverbe arménien :

« Autant de langues tu connais, autant d’hommes tu es »
           
            A ce propos Anatole France, que Tchobanian rallia à la cause arménienne, nous donne une belle définition de l’identité : « Ces Arméniens sont vraiment un peuple par la communauté de la langue et des croyances religieuses, par la communion dans les mêmes souvenirs et les mêmes espérances, par la fraternité des sentiments, par la volonté forte et constante de vivre d’une même vie, de penser d’une même âme ». On ne peut qu’être frappé par les concordances avec la vision que donne Renan de la nation : « Avoir des gloires communes dans le passé, une volonté commune dans le présent ; avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore ; voilà les conditions essentielles pour être un peuple ». On comprend qu’Anatole France, l’auteur de Thais (où il peint la vie étrange des solitaires chrétiens de la Thébaïde aux derniers temps de la civilisation alexandrine et romaine) ait été ému par le sort de ces chrétiens d’orient que l’actualité met à nouveau tragiquement en lumière. Déjà à cette époque Romain Rolland, lui aussi, opposait les passions déchaînées par l’affaire Dreyfus à la surdité concernant les massacres d’Arménie.

            Tchobanian, né en 1872 dans un faubourg arménien de Constantinople, a toute sa vie voulu diffuser les lettres françaises parmi les Arméniens et faire connaître la culture arménienne en Europe. De très bonne heure, il a traduit les œuvres d’Alphonse Daudet, de Maupassant, de Flaubert, de Zola. Il a fondé à Paris en 1898 la revue en langue arménienne Anahit.
            Pour Tchobanian, la France incarnait les idées de liberté, de justice et de fraternité universelles.
Il n’est pas très difficile pour un ancien ambassadeur de France de se retrouver dans son parcours.
            De façon plus anecdotique je me suis aperçu que nous avions tous deux fait une rencontre commune : le sculpteur Antoine Bourdelle remercia Tchobanian de lui avoir fait découvrir à travers son ouvrage La Roseraie la beauté de l’art arménien : un art qu’il qualifie d’architectural, où « l’esprit rayonne doucement car il vient de l’âme des pierres ». Il se trouve que, chargé des questions culturelles à notre ambassade en URSS, j’eus à organiser une exposition Bourdelle, à vérifier le bon état d’arrivée de ses sculptures à Moscou et à Léningrad et je tombai moi aussi sous le charme de ces marbres qui avaient une âme et je comprends les affinités du sculpteur avec l’art arménien. Je l’ai ressenti moi-même lorsque dans mon poème « L’Arménienne » j’écris : « Son âme tendre est un khatchkar ».

Ce sont toutes ces impressions, toutes ces affinités électives que j’ai eu le plaisir de retrouver en Arménie en octobre dernier, suite à l’invitation de la Ministre de la culture, Hasmik Poghossian. Une semaine extrêmement chargée avec une présentation de la traduction arménienne de mon essai « Arménie : l’âme d’un peuple » au musée Komitas en présence de tous les médias, six conférences, dont trois dans les universités devant des amphithéâtres combles, sans compter trois plateaux télévisés en deux jours. Mais ce qui m’a le plus ému c’est d’avoir retrouvé là-bas des anciens étudiants de l’Université française et ce, dès le premier soir, avec le Président des avocats francophones d’Arménie ; ce fut aussi d’apprendre de la bouche du nouveau Recteur, M. Lavest, très dynamique et apprécié, que 91% de nos 1700 diplômés exerçaient des responsabilités en Arménie, y compris en la personne du premier conseiller du nouveau Premier Ministre… Comme il faut bien quelques exceptions je suis heureux de saluer ce soir la présence de deux anciennes étudiantes qui furent en tête de leur promotion, respectivement en faculté de droit et en faculté de gestion.

            Au fil de ces quelques notations vous voyez sans doute se dessiner quelques orientations qui restent à affiner pour l’action culturelle de l’Institut Tchobanian.

            La première tourne autour du développement de la francophonie en Arménie. Elle peut être axée sur l’enrichissement des bibliothèques souvent très déficitaires en livres français. La bibliothèque Issahakian par exemple, que j’ai visitée, manque cruellement d’ouvrages d’auteurs contemporains. Pour atteindre un public jeune un effort pourrait être fait en faveur de la bande dessinée, peut-être en liaison avec l’Alliance française. D’une manière générale l’Institut, compte tenu de ses moyens modestes pourra chercher des synergies dans le cadre de l’année de la francophonie 2018.

            La seconde orientation pourrait favoriser ces deux pôles majeurs de la francophonie que constituent aujourd’hui le lycée français et l’université française. Il faut continuer à sensibiliser la diaspora à l’accueil des élèves et étudiants pour des stages en rapport avec leur cursus et les besoins de l’Arménie dans tous les domaines, en particulier tout ce qui touche au tourisme qui m’a toujours paru un des ressorts de développement de ce pays.

            La troisième orientation, en syntonie avec le nom de notre Institut, serait de valoriser l’héritage d’Archag Tchobanian : republication de ses écrits en français, baptême d’une rue ou place d’Erevan à son nom, ou encore d’une école ou d’une section où l’on enseigne le français.

            Ce ne sont là que des pistes mais bien entendu, nous vous tiendrons informés au fur et à mesure qu’elles se concrétiseront.

 ***
Après la réunion les conversations ont continué autour d'un cocktail. Monsieur Cuny a dédicacé son livre "Arménie, l'âme d'un peuple".

 

Puis pendant le dîner les convives ont pu échanger avec l'invité d'honneur.

Une trentaine de personnes au diner de Yan's, autour de Henry Cuny


Questions-réponses entre deux plats
Les convives ont exprimé leur souhait de voir l'organisation de ce genre de réunion/dîner  plus fréquemment.


par Arthur Turyan
Photos : Jirayr Jolakian